L'IA cette semaine
La start-up ElevenLabs, spécialisée dans l'audio IA, a lancé une nouvelle plateforme dédiée aux voix emblématiques. Cette plateforme permet aux entreprises d'obtenir des licences pour utiliser des voix reproduites par IA de personnalités célèbres, vivantes ou décédées, dans des publicités et autres contenus. ElevenLabs présente cette solution comme une réponse aux préoccupations éthiques liées au clonage vocal par IA, affirmant qu'elle repose sur le consentement, la transparence et une rémunération équitable des artistes ou de leurs héritiers. La liste initiale de 28 voix est impressionnante. Elle comprend des stars vivantes telles que Michael Caine, Matthew McConaughey et Art Garfunkel, ainsi que des personnages historiques tels que Maya Angelou, Alan Turing et J. Robert Oppenheimer. Certaines voix sont clonées directement, tandis que d'autres sont recréées synthétiquement à partir d'archives audio.
Anthropic, un concurrent majeur d'OpenAI, semble être sur la voie d'une rentabilité plus rapide, malgré un chiffre d'affaires inférieur de plus de moitié. OpenAI a récemment vu son chiffre d'affaires annualisé grimper à 3,4 milliards de dollars. Celui d'Anthropic a également explosé, atteignant 1,6 milliard de dollars. Cependant, le modèle économique différent de l'entreprise pourrait lui donner un avantage pour atteindre la rentabilité en premier. Cette situation met en évidence le principal défi du secteur : trouver un équilibre entre une croissance fulgurante et les coûts immenses liés à la puissance de calcul et aux talents nécessaires pour développer une IA avancée. Cette confrontation financière souligne l'enjeu considérable que représente la domination durable.
OpenAI lance GPT-5.1. Cette mise à jour vise à rendre son modèle phare plus intelligent et plus agréable après que la version précédente n'ait pas réussi à impressionner. Le lancement initial de GPT-5 a été si décevant qu'il a incité son partenaire Microsoft à explorer les modèles de son concurrent Anthropic. Cette nouvelle version répond directement aux attentes des utilisateurs en matière d'expérience utilisateur. Elle introduit deux modèles spécialisés, Instant et Thinking, conçus pour différentes tâches. OpenAI élargit également ses préréglages de personnalité pour inclure des options telles que Quirky, Nerdy et Cynical, dépassant ainsi l'approche « taille unique ». Cette initiative constitue une réponse claire aux récentes critiques et un regain d'intérêt pour ce que les utilisateurs attendent de leur IA.
SoftBank a vendu l'intégralité de sa participation dans Nvidia. Cette vente massive a généré 5,83 milliards de dollars. La société japonaise consacre ces capitaux à son pari « tout ou rien » sur OpenAI, le créateur de ChatGPT, et prévoit un investissement de 22,5 milliards de dollars qui fera passer sa participation de 4 % à 11 %. Ce n'est pas la première fois que SoftBank se sépare du fabricant de puces, puisqu'elle avait déjà vendu une participation de 4 milliards de dollars en 2019. Cette dernière opération de « monétisation d'actifs » a permis à son fonds Vision Fund d'enregistrer un gain exceptionnel de 19 milliards de dollars. Une source proche du dossier a déclaré que cette décision n'était pas liée à des inquiétudes concernant les valorisations de l'IA, mais qu'il s'agissait d'une stratégie d'investissement.
Salesforce acquiert Spindle AI. Cette transaction permet d'intégrer directement la technologie de prévision de cette start-up spécialisée dans l'analyse à la plateforme Agentforce de Salesforce. Spindle AI est spécialisée dans l'IA agentique et développe des systèmes qui modélisent des scénarios commerciaux complexes et prédisent leurs résultats. Il s'agit d'une étape majeure dans la stratégie de Salesforce visant à créer une « entreprise agentique ». La société envisage un avenir où des agents IA spécialisés collaboreront pour gérer de manière autonome et de bout en bout les opérations liées à l'expérience client. L'équipe de Spindle s'efforcera de rendre ces agents plus intelligents et plus fiables grâce à des fonctions avancées d'observabilité et d'auto-amélioration. Cette acquisition s'inscrit dans la continuité d'autres acquisitions récentes, démontrant l'intérêt marqué de Salesforce pour la maîtrise de toutes les couches de la pile IA multi-agents.
Une nouvelle bataille juridique éclate autour de l'IA. Amazon a poursuivi Perplexity en justice, exigeant que la start-up spécialisée dans l'IA empêche son navigateur Comet d'effectuer des achats sur son site. La plainte allègue que l'agent IA de Perplexity accède aux comptes des clients sans leur consentement, commettant ainsi une fraude informatique et dégradant l'expérience d'achat mise en place par Amazon. Perplexity a réagi vivement, accusant Amazon d'intimidation et de tentative d'étouffer une innovation qui facilite les achats pour les clients. Ce conflit met en évidence la tension intense qui existe entre les géants technologiques établis et la nouvelle vague d'agents IA autonomes qui agissent au nom des utilisateurs. Alors que cette guerre des navigateurs IA s'intensifie, certains concurrents adoptent une technologie similaire.
Apple prépare une mise à jour majeure pour Siri. Selon un nouveau rapport, la société utiliserait une version personnalisée de l'IA Gemini de Google pour alimenter son nouveau système Apple Intelligence. Ce partenariat coûtera environ 1 milliard de dollars par an à Apple et lui donnera accès à un puissant modèle de 1,2 billion de paramètres permettant de générer des résumés et d'effectuer des tâches de planification. Le modèle fonctionnera sur les serveurs Private Cloud Compute d'Apple, un détail essentiel pour la confidentialité. Cette décision intervient après qu'Apple ait retardé le lancement de sa propre IA et envisagé d'autres partenaires. Alors qu'Apple continue de développer sa propre technologie, cet accord met en évidence la concurrence intense dans le domaine de l'IA. Le nouveau Siri est attendu au printemps prochain.
Google étudie actuellement le « Project Suncatcher », une initiative visant à transférer les charges de travail des centres de données hors de la Terre et en orbite. Le concept exploite l'énergie solaire abondante et le froid de l'espace pour faire fonctionner et refroidir des calculs à l'échelle de l'IA. Il promet également de nouvelles capacités alors que la demande en matière de formation et d'inférence augmente. Ce projet soulève des questions difficiles : coût de lancement, facilité d'entretien, débris orbitaux, latence et réglementation. Il rappelle clairement les paris radicaux pris précédemment en matière d'infrastructure, tels que les fermes de serveurs sous-marines et les réseaux satellitaires. Cette idée montre jusqu'où les fournisseurs de cloud computing sont prêts à aller pour répondre aux besoins en énergie et en puces de l'IA.
Nvidia et Deutsche Telekom lancent un pôle industriel dédié à l'intelligence artificielle d'un milliard d'euros en Allemagne, une initiative majeure dans la course mondiale à l'IA. Ce projet représente la dernière tentative de l'Europe pour rattraper son retard sur les États-Unis et la Chine. Basé à Munich et dont la mise en service est prévue début 2026, le centre offrira aux entreprises un accès à une IA puissante pour des processus allant de la conception à la robotique, le tout fonctionnant sur une infrastructure informatique sécurisée. L'un des principaux objectifs est la « souveraineté des données », qui consiste à garantir la sécurité des données industrielles sensibles sur le continent. Les géants industriels allemands SAP et Siemens sont également partenaires, dans le but d'améliorer leurs propres capacités en matière d'IA et leurs services à la clientèle.
Dans une avancée spectaculaire, l'intelligence artificielle a découvert 303 nouveaux géoglyphes cachés dans le désert du sud du Pérou, doublant ainsi le nombre de lignes de Nazca connues. Une équipe internationale composée de membres de l'université japonaise de Yamagata et d'IBM a accompli cet exploit en seulement six mois, réalisant en une fraction du temps un travail qui prenait auparavant des années. Ces figures anciennes, datant de 200 avant J.-C. à 650 après J.-C., représentent des félins, des poissons et des formes humaines. Le système d'IA a identifié les motifs en analysant de vastes quantités d'images satellites et de drones, repérant des lignes presque invisibles à l'œil nu. Les archéologues ont ensuite confirmé chaque découverte sur le terrain. Cette technologie accélère les découvertes archéologiques dans le monde entier.