Qu’est-ce que la pragmatique ?

« La pragmatique est une branche de la linguistique qui s'intéresse aux éléments du langage dont la signification ne peut être comprise qu'en connaissant le contexte de leur emploi » (Wikipédia).

La pragmatique compte des définitions multiples qui attestent des différents courants auxquels elle a donné lieu et de la diversité des domaines d’étude qu’elle touche.

Pour Francis Jacques (professeur de philosophie du langage et de la communication à la Sorbonne) : « La pragmatique aborde le langage comme phénomène à la fois discursif, communicatif et social ».

Qu’est-ce que la situation d’énonciation ?

La dimension pragmatique analyse les énoncés sous l’angle de la prise en compte des locuteurs et de l’analyse du contexte. Cela inclut l’étude des phénomènes de dépendances contextuelles propres aux termes indexicaux, comme je, ici ou maintenant, dont la signification dépend du contexte, de qui parle, où et quand : c’est la situation d’énonciation.

Par exemple, un écriteau « je reviens dans 5 minutes » accroché sur la porte d’un magasin ne vous aidera pas forcément si vous ne savez pas à quelle heure le panneau a été posé. Il manque ici la détermination du maintenant du contexte d’énonciation.

 

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Qu’est-ce qu’un acte de langage ?

En pragmatique on distingue l’acte d’énonciation en lui-même et ce que l’on vise à accomplir en disant quelque chose (Austin / Searle).

On distingue trois types d’actes de langage :

  1. L’acte locutionnaire que l’on accomplit par le simple fait de dire quelque chose ;
  2. L’acte illocutionnaire que l’on accomplit en disant quelque chose ;
  3. L’acte perlocutionnaire que l’on accomplit par le fait de dire quelque chose.

Lorsqu’à l’ordre « va te laver les dents », l’enfant répond « Je n’ai pas sommeil » il accomplit l’acte locutionnaire en prononçant la phrase, l’acte illocutionnaire d’affirmer qu’il n’a pas sommeil et l’acte perlocutionnaire de persuasion du fait qu’il essaie de persuader l’adulte qu’il peut attendre pour se laver les dents puisqu’il n’a pas sommeil.

 

Qu’est-ce que la théorie des inférences ?

La pragmatique vise aussi parfois à faire une théorie des inférences que l’on tire des énoncés linguistiques sur la base de nos connaissances générales sur le monde.

Par exemple, si on ne sait pas que l’individu Jean-Pierre Coffe était un critique culinaire, on ne peut pas comprendre ce trait d’humour :

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Par ailleurs, l’énoncé « il a l’air bon ton sandwich » peut être interprété comme une requête indirecte pour que l’interlocuteur offre un bout dudit sandwich au locuteur. Il s’agit d’une hypothèse sur les intentions des locuteurs. Ce type d’analyse étend la pratique de la pragmatique à de nouvelles analyses de la communication : « des réflexions voisines de la pragmatique apparaissent chez ceux qui depuis toujours se sont intéressés aux effets du discours sur les locuteurs-auditeurs : sociologues, psychothérapeutes, spécialistes de la rhétorique, praticiens de la communication, linguistes de l’analyse du discours » (Armengaud, 2007).

On peut notamment évoquer les travaux de Ducrot et Anscombre sur l’orientation argumentative. L’orientation argumentative d’un énoncé, c’est la direction générale qui permet – à partir des faits représentés par cet énoncé – la reconnaissance de sa visée argumentative, atteignant de cette manière telle ou telle conclusion. Pour un énoncé, signifier, c’est orienter (via l’argumentation) vers une conclusion.

Par exemple, dire « il n’est que 8h » tend à orienter vers la conclusion « nous avons le temps », alors que « il est déjà 8h » oriente plutôt vers la conclusion « il faut se dépêcher ».

 

Pragmatique et Traitement Automatique des Langues (TAL)

« En langue naturelle, les faits exprimés dans le texte ne sont pas nécessairement tous explicites : le lecteur humain infère les éléments manquants grâce à ses compétences linguistiques, ses connaissances de sens commun ou sur un domaine spécifique, et son expérience. » Martin Gleize.

 

Voici un exemple concret en TAL : lorsqu’un client pose une question telle que « Quel est mon numéro de contrat ? » sur le moteur sémantique d’inbenta, l’analyse seule du verbatim ne suffit pas pour trouver la bonne réponse car le pronom « je » manque de référence. Cependant, l’analyse des métadonnées permet d’établir que l’énonciateur qui a posé cette question possède un numéro client et donc un numéro de contrat.

 

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